Ivan Lammerant,
Illustrateur et webdesigner

Parlez-nous de votre métier d’illustrateur…En quoi consiste-t-il concrètement ? 

Interview originale sur le site du SIEP
http://metiers.siep.be/interviews/ivan-lammerant-illustrateur-webdesigner/

Le métier d'illustrateur a bien évolué depuis la fin de mes études en 1992. La constante reste que l'illustrateur reste au service d’un texte ou d’un message dont bien souvent il n'a pas la paternité. L'illustration est un art de commande, et il faut donc coller aux désidératas du client et du marché. L'illustrateur n'est donc pas un artiste mais un artisan qui se met au service d'un projet.

Du papier et du simple crayonné d'origine, on arrive maintenant à des illustrations numériques en 3d réalisées via des logiciels sophistiqués. Le temps est à la rapidité et à une certaine surenchère technologique qui pourrait faire perdre un peu de poésie à ce métier. J'ai du m'adapter et prendre le train en marche, ma table à dessin a fait place à un ordinateur et une palette graphique... mais mes crayons de couleurs ne sont jamais très loin!

Les domaines de l'illustration sont multiples: la pub, la presse, l'animation, le jeu vidéo ou l’édition.
Les techniques traditionnelles tel que le dessin, la peinture, la gravure, la sérigraphie font la place belle désormais aux techniques numériques plus dans l'ère du temps.
L'illustrateur est bien souvent un travailleur solitaire free-lance qui doit gérer son coté commercial et relationnel, pour décrocher des contrats. Le parcours du combattant vers les directeurs artistiques est toujours de mise, mais il est soutenu désormais par des « stratégies » internet: blog, et site web comportant des portfolios en ligne. Un gain de temps, mais aussi une nouvelle façon de travailler qui n'est pas faite pour développer des relations humaines !

Vous êtes également webdesigner… 

Concrètement, je définis et met en place, suite au cahier des charges du client ou de l'agence, la charte graphique, le design du site internet. Les critères sont des critères de communication: ergonomie, navigabilité, attractivité, etc. Reste à trouver l'équilibre parfait entre un esthétisme de bon goût et les problématiques de compatibilité sur les différents navigateurs et systèmes.

Le métier de webdesigner ou d'infographiste orienté web date de la fin du siècle passé avec la venue d'Internet. J'étais alors illustrateur pour enfants au Canada. Par intérêt, pour communiquer sur mon travail d'illustrateur et me donner une plus grande visibilité, j'ai créé le site www.crayons.be, qui depuis est devenu une référence pour les futurs illustrateurs (tutos, cours de couleur, dessin et de bd en ligne). De ces recherches et sans m'en rendre compte, j'ai basculé tout doucement vers un nouveau métier en pleine expansion, un nouveau support. (cfr www.croquis.be).  A cette époque, on pouvait encore être polyvalent. De nos jours, on demande aux futurs graphistes en tout genre d'être spécialisés. Il faut reconnaitre que l'évolution rapide des technologies ne permet plus de se disperser! Selon moi, cette fragmentation des compétences ne va pas dans le bon sens.

Le métier de webdesigner est à l'instar de celui d'illustrateur, un métier de l'ombre (free-lance), mais contrairement à ce dernier il demande de pouvoir s'incorporer dans une équipe pluridisciplinaire. (Animateurs, directeur artistique, informaticiens, codeurs…).

Tout évoluant très vite, ce métier nécessite des remises à jours constantes, que je trouve dans les centres de compétences de Wallonie.

Pourquoi avoir eu envie d’exercer ces deux métiers ? Que trouvez-vous chez l’un que vous ne trouvez pas chez l’autre ?

Ces deux orientations m'apportent le plaisir d'allier loisirs, passions et profession.
Le choix ne se fait pas, et demain j'envisage de retourner vers la peinture...la création n'a pas de frontières, et la richesse vient du mélange des médias.

Quel est votre parcours ?

Après des études supérieures en illustration et BD à Saint-Luc Liège, je me suis envolé pour le Canada où j’ai exercé le métier d’illustrateur pour la jeunesse et celui de chocolatier( !) pendant 5 ans. J’ai également suivi des études en infographie prépresse et imprimerie au Collège Lasalle de Montréal et je suis devenu enseignant à l’Académie internationale du Design de Montréal (où j’ai créé le cours de couleur) ainsi qu’au CINAC de Montréal où j’enseignais le dessin, la couleur, photoshop, illustrator et html. Je suis ensuite revenu en Belgique, à Namur plus précisément, où j’enseigne le dessin, le layout et le webdesign à la Haute École Albert Jacquard.

Pourquoi le Canada ? Y a-t-il une différence dans leur façon d’aborder l’illustration ?

Le choix du Canada s'est fait lors de la visite de la « The Bologna Children’s Book Fair »  en fin d'étude avec mes enseignants de St Luc Liège. On pouvait y présenter son « book » lors d'une journée réservée aux illustrateurs.
Les éditeurs nord-américains étant beaucoup plus accueillants que les européens, j'ai saisi l'opportunité offerte par un éditeur sans me poser de questions. Par la suite, je me suis rendu compte du véritable retard qui existait en Europe par rapport au Québec, où les métiers artistiques sont valorisés. Je n'ai jamais eu le rêve américain, mais j'ai depuis une reconnaissance éternelle envers le Québec et notamment envers un éditeur qui m'a donné ma première chance sans se poser de questions. (Les éditions Phidal et Albert Soussan www.phidal.com).

Avez-vous toujours eu envie d’enseigner ou cela s’est-il présenté à vous « par hasard » ? Qu’est-ce que vous aimez dans l’enseignement ?

J'ai toujours voulu enseigner. J'avais mon CAP en poche, en finissant mon graduat d'illustration. Ces échanges me permettent de garder un regard critique sur mon travail et de percevoir au travers de mes étudiants les grands changements techniques ou artistiques. Un bain de jouvence permanent en quelque sorte.

Racontez-nous une journée type, votre quotidien…

En semaine, je donne mes cours à raison de 4 jours sur 5. En fin de journée, je reprends ma double casquette d'illustrateur et webdesigner. Mais je réfléchis en permanence sur mes projets, et prends notes de mes idées via un carnet et de multiples « post-it ». Je parviens, en gérant bien mon agenda, à passer mes soirées en famille, parfois au détriment de certains weekends, je l'avoue.

Quelles sont, d’après vous, les qualités requises pour revêtir toutes ces casquettes  (illustrateur, webdesigner, enseignant…)?

Avoir un bon agenda et une épouse conciliante ! Et puis: la communication, l'écoute, la rapidité d'exécution et un certain regard critique sur soi-même. Mon gsm et mon ordinateur portable sont devenus des accessoires incontournables, je dois être joignable en tout temps.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confronté dans votre parcours ?

L'égo surdimensionné et le manque d'échange propre aux « artistes » en général.
J'ai contourné cela bien souvent par l'humour et ai pu, au final, trouver un bon équilibre dans l'enseignement, où la générosité et le partage sont de mise.

Un conseil aux jeunes qui voudraient se lancer ?

Go, Go, Go !
Si le diplôme te fait défaut, prend ton courage à deux mains, cale ton pied dans la porte et présente ton portfolio ». Si je m'étais arrêté aux premiers refus, je ne serrais plus dans ce métier. Ma « grande distinction en illustration » ne m'a jamais rien donné sauf des illusions ou désillusions. Je dois ma carrière à mon portfolio, à ma ténacité et à la gentillesse d'un premier client. Mon premier contrat a été conclu en 5 min, mais après un an de recherches et à des milliers de kilomètres de chez moi.
La recette de base? Un soupçon de talent, une bonne poignée d'audace, saupoudrés de persévérance et d'optimisme.

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